En1990, il Ă©crit Juste la fin du monde. MalgrĂ© sa mort prĂ©maturĂ©e en 1995, Ă  l’ñge de 38 ans, Jean-Luc Lagarce laisse derriĂšre lui plusieurs dizaines de piĂšces qui rencontreront un succĂšs RĂ©sumĂ©de Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce Prologue Le thĂšme de la piĂšce est annoncĂ© dĂšs le prologue. Louis, le personnage principal, y annonce sa mort de maniĂšre laphilosophie nous Ă©loigne-t-elle du monde. tarte camembert lardons poireaux; exemple de courrier de demande de rattachement; soupe poireaux sans pomme de terre ; location piscine Justela fin du monde est l'une des derniĂšres piĂšces de théùtre de Jean-Luc Lagarce, C'est son frĂšre, Antoine, qui entĂ©rine cette reconnaissance manquĂ©e : « tu ne sais pas qui je suis, / tu ne l'as jamais su, / ce n'est pas ta faute et ce n'est pas de la mienne / non plus, moi non plus, je ne te connais pas [] / on ne se connaĂźt pas » (partie 1, sc. 11). Si toute marrede la dictature sanitaire; airbag spark 2 problĂšme; thenie per djalin; dĂ©montage structure mĂ©tallique; julie bertin benoĂźt paire; prendre rendez vous toilettage jardiland bonneuil juste la justela fin du monde antoine analyse. signal de danger mots flĂ©chĂ©s; location vase martini; flunch prix menu adulte; forum douleur pelvienne; huiler un parquet dĂ©jĂ  huil Ă© Facebook; mini pelle occasion haute vienne Instagram; juste la fin du monde antoine analyse. 08. November, 2021 | Posted by | Categories: risotto crevettes courgettes. Previous Next justela fin du monde analyse de texte. Home; Themes; Blog; Location; About; Contact marrede la dictature sanitaire; airbag spark 2 problĂšme; thenie per djalin; dĂ©montage structure mĂ©tallique; julie bertin benoĂźt paire; prendre rendez vous toilettage jardiland bonneuil juste la fin du monde antoine analyse JeanLuc LAGARCE, Juste la fin du monde (1990). Parcours : Crise personnelle, crise familiale EXTRAIT 1. PremiĂšre partie, scĂšne 2. ANTOINE. – Cela va ĂȘtre de ma faute. Une si bonne journĂ©e. LA MÈRE. – Elle parlait de Louis‚ Catherine‚ tu parlais de Louis‚ le gamin. Laisse-le‚ tu sais comment il est. CATHERINE. – Oui. Pardon lasolubilitĂ© du sel dans l'eau; service porcelaine limoges; comment changer de carte bancaire sur uber eats. dermatologue hopital bayonne; ŰȘÙŰłÙŠŰ± Ű±Ű€ÙŠŰ© Ű·ÙÙ„ ÙŠŰšŰȘŰłÙ… في Ű§Ù„Ù…Ù†Ű§Ù… للŰčŰČۚۧۥ; juste la fin du monde antoine analyse eo4g9. Explication linĂ©aireJuste la fin du monde scĂšne 3 partie 1Jean-Luc Lagarce A Ă©crit juste la fin du monde en 1990 À Berlin alors qu’il Ă©tait atteint du sida est condamnĂ© Ă  une mort la fin du monde est une piĂšce de théùtre qui Ă©voque le retour de Louis dans sa famille pour annoncer sa maladie et Sa mort prochaine mais la communication dans la famille est difficile et le retour de Louis va rĂ©vĂ©ler les souffrances des autres membres de la que je vais vous prĂ©senter trouve sa place dans la scĂšne 3 de la partie 1. Cette scĂšne est un soliloque de Suzanne qui Ă©voque le dĂ©part de Louis et ses allons rĂ©pondre Ă  la problĂ©matique qui est comment cette scĂšne associĂ©-t-elle la difficultĂ© d’écrire Ă  celle de dire ?Mouvement un ligne 1 Ă  6 La difficultĂ© Ă  nommer les Ă©critsMouvement deux ligne 7 Ă  21 le mĂ©tier de Louis imaginĂ© par SuzanneMouvement trois ligne 22 Ă  29 Les reproches de SuzanneMouvement un Les deux premiĂšres phrases sont des parallĂ©lisme de construction. La phrase change de temps elle passe de L’imparfait au prĂ©sent. Ça traduit les difficultĂ©s de Suzanne a s’exprimĂ©. Le fait d’utiliser l’anaphore parfois met en Ă©vidence la raretĂ© des lettres envoyĂ©es par Louis. Elle cherche ses mots Qu’est-ce que c’est » Elle se pose unequestion par rapport aux lettres de Louis qui sont trĂšs courtes. Il y a une prĂ©sence de nĂ©gation ce ne sont pas des lettres » se contredit, Elle fait des remarques contradictoires. Elle utilise le mot juste » qui est un adverbe qui sert Ă  minimiser les Ă©crits, elle poursuit en prĂ©cisant que les Ă©crits ne contiennent rien c’est fort pourĂ©voquer les Ă©crits comme si il n’envoyait rien Ça exprime la dĂ©ceptionde Suzanne face a ses Ă©crits .A la ligne 5, elle a trouvĂ© un adjectif qualifiant les Ă©crits de son frĂšre elliptiques » le fait qu’il soit tout seul sur cette ligne le met en valeur. 403 ERROR The Amazon CloudFront distribution is configured to block access from your country. We can't connect to the server for this app or website at this time. There might be too much traffic or a configuration error. Try again later, or contact the app or website owner. If you provide content to customers through CloudFront, you can find steps to troubleshoot and help prevent this error by reviewing the CloudFront documentation. Generated by cloudfront CloudFront Request ID L-5Jc5-PxCv-UGUHyFPvIesLgVGIMIqcBVDNTZAAOzRpQ2e9fem6Ng== EntrĂ©es d’index Haut de page Texte intĂ©gral 1 Lydie Parisse, Lagarce, Un théùtre entre prĂ©sence et absence, Classiques Garnier, 2014. Voir le co ... 1Je souhaite ici esquisser quelques pistes de ce que l’on pourrait nommer une hermĂ©neutique de l’écriture de Lagarce, ces pistes ayant Ă©tĂ© plus largement exploitĂ©es dans la rĂ©cente monographie que j’ai publiĂ©e Lagarce. Un théùtre entre prĂ©sence et absence1. J’aimerais confronter le film de Xavier Dolan au texte de Juste la fin du monde en ouvrant cet article sur une Ă©tude de lexique que l’examen de l’archive en ligne sur le site fanum pourrait permettre de concrĂ©tiser Ă  l’avenir. 2 M’intĂ©ressant aux dramaturgies de la parole, je mĂšne ce type d’approches Ă  propos de l’écriture de ... 2Ma premiĂšre constatation est que ce film, s’il ne respecte pas Ă  la lettre le texte et la langue de Lagarce, restitue en revanche l’esprit de la piĂšce et entre en rĂ©sonance avec la lecture que j’avais pu en dĂ©gager lorsque j’ai publiĂ© mon ouvrage sur l’Ɠuvre de Lagarce, dont le sujet principal est l’étude des figures de la perte de soi dans l’ensemble de son théùtre, dans son journal et ses autres Ă©crits, et oĂč j’insiste sur l’observation du processus de l’écriture, tel qu’il est dĂ©crit par l’auteur lui-mĂȘme, Ă  savoir que l’écriture est pratique permanente de la réécriture Ă  la fois intra- et intertextuelle, et que la réécriture est une mise en scĂšne de l’écriture elle-mĂȘme. Ma dĂ©marche s’apparente au courant de la gĂ©nĂ©tique textuelle et de la gĂ©nĂ©tique théùtrale, par le biais de l’analyse des processus2. 3 Dans mon ouvrage, je replace d’ailleurs cette attitude dans la perspective plus vaste de la crise ... 3La langue de Lagarce est bien lĂ , du moins dans sa recherche obsessionnelle du mot juste, dans son bĂ©gaiement collectif rituel qui dit une non-coĂŻncidence du langage et de la pensĂ©e, une non coĂŻncidence des mots et des corps, une non-coĂŻncidence de soi Ă  soi. C’est dans ce dĂ©ficit Ă  la fois linguistique et ontologique que s’installent les personnages de Lagarce, dans une polyphonie apparente, mais qui n’en est pas une, puisqu’une seule voix les traverse tous, dans une sorte d’identitĂ© transpersonnelle. RhĂ©torique de l’incertitude, tremblement du dire et tremblement de l’ĂȘtre, plĂ©thore des modalisateurs, abus de l’épanorthose, usage de l’approximation, telles sont les attitudes d’écriture d’un auteur qui pratique la culture du doute et le choix de l’hĂ©sitation, entendus comme un art poĂ©tique, mais aussi comme un acte de rĂ©sistance aux certitudes assĂ©nĂ©es par les discours totalitaires – je ne vais pas insister sur ces lieux communs de la critique lagarcienne3. 4Ce que le film met particuliĂšrement en relief, c’est Ă  quel point le dispositif de la piĂšce est placĂ© sous le signe de la perte, de la dĂ©perdition, qui marque la relation Ă  l’écriture, aux autres, au monde. Le sentiment de la perte est liĂ© au dĂ©sir impĂ©rieux de retrouver le mot juste, la relation juste, le regard juste. Nous envisagerons ici les deux derniers aspects, Ă  travers les leitmotivs lagarciens du sacrifice et de l’abandon. Le sacrifice 4 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, Besançon, Les Solitaires intempestifs, Classiques conte ... 5Ce que le film de Xavier Dolan rĂ©vĂšle, dans un langage et un lyrisme qui lui sont personnels, c’est la violence archaĂŻque qui sous-tend les relations entre les personnages. Transformer la mort en sacrifice, tel est le programme annoncĂ© dans les monologues de Juste la fin du monde. Et ce rituel est consenti par la victime La mort aussi elle est ma dĂ©cision / et mourir vous abĂźme et c’est vous abĂźmer que je veux. [
] je me sacrifie4. » 5 RenĂ© Girard, Le Bouc Ă©missaire, Paris, Grasset & Fasquelle, 1982. 6 Voir Lydie Parisse, Lagarce. Un théùtre entre prĂ©sence et absence, op. cit., p. 116-120. 6Louis, que ce soit de maniĂšre effective ou mĂ©taphorique, accumule les signes victimaires tels que les Ă©numĂšre RenĂ© Girard dans Le Bouc Ă©missaire 5 parricide, inceste, homosexualitĂ©, hubris sont les attributs principaux de la victime rituelle. Renvoyant Ă  mon ouvrage pour l’analyse des premiers6, je n’évoquerai que le dernier, l’hubris, le plus important par rapport Ă  notre propos – la mythologie de l’écriture – car elle renvoie Ă  la pratique de l’écriture comme une activitĂ© transgressive 7 Jean-Luc Lagarce, Du Luxe et de l’impuissance, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2008, p. 40. Être dans la CitĂ©, au milieu des autres, avoir le droit immense de pouvoir parler, ĂȘtre responsable de cet orgueil, ĂȘtre conscient de ma force7. 8 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 28. 9 Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain, in Théùtre complet, tome iv, p. 340. 10 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 58 et Le Pays lointain, op. cit., p. 385. 11 Patrice Pavis, Le Théùtre contemporain. Analyse de textes de Sarraute Ă  Vinaver, Paris, Nathan, Un ... 12 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 24 et Le Pays lointain, op. cit., p. 304. 13 JoĂ«l Jouanneau, dans Bertrand Chauvet et Éric DuchĂątel dir., Juste la fin du monde. Nous les hĂ©r ... 7Cette affirmation de Lagarce, ce sentiment d’avoir franchi une limite – sociale, symbolique – est aussi ce qui servira Ă  peindre la figure de Louis dans Juste la fin du monde et Le Pays lointain. C’est bien cet orgueil que lui reprochent les siens, qui le trouvent trop distant avec eux, telle Suzanne il n’embrasse jamais personne »8 ; Je pense que vous avez remarquĂ© aussi cela, ce caractĂšre, cette froideur de caractĂšre, [
] il n’embrasse jamais personne, de sa propre initiative9 ». La mĂšre mĂȘme accable Louis, se moquant de son petit sourire et de cette façon si habile et dĂ©testable d’ĂȘtre paisible en toutes circonstances »10. D’ailleurs, si dans Juste la fin du monde, personne ne comprend pourquoi Louis est revenu, dans Le Pays lointain, personne ne comprend non plus pourquoi il a quittĂ© le domicile familial il est vaguement question d’une dispute avec le pĂšre au moment de l’adolescence thĂ©matique qui sera reprise dans J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne, mais ce qui subsiste, c’est le sentiment qu’il a fallu Ă  Louis une dose importante d’orgueil pour partir. Selon Patrice Pavis, c’est mĂȘme cette arrogance excessive qu’il paierait de sa vie11. Enfin, selon JoĂ«l Jouanneau, mĂȘme le prologue tĂ©moigne de l’hubris du personnage ce souhait d’ĂȘtre, jusqu’à cette extrĂ©mitĂ© [s]on propre maĂźtre »12, montre la part d’orgueil de sa dĂ©marche13. Mais je ne partage pas cette derniĂšre interprĂ©tation, j’y reviendrai. 14 Jean-Pierre Sarrazac, De la parabole du fils prodigue au drame-de-la-vie », Jean-Luc Lagarce dan ... 15 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 68. 8Dans Juste la fin du monde, le dispositif de circulation de la parole est celui d’un tribunal, comme l’a soulignĂ© Jean-Pierre Sarrazac14, et la place de Louis est bien celle de l’accusĂ© face aux jurĂ©s. Un rĂŽle qu’il assume d’ailleurs totalement Je suis un Ă©tranger. Je me protĂšge. J’ai des mines de circonstance15. » 16 Ibid., p. 38. 9Louis est accusĂ© d’écrire pour les autres, accusĂ© d’ĂȘtre Ă©crivain mais de ne pas se servir de ce don » pour Ă©crire aux siens, auxquels il n’envoie que des cartes postales banales et elliptiques », pas mĂȘmes cachetĂ©es et donc visibles par tous. Tu ne nous en donnes pas la preuve, tu ne nous en juges pas dignes. C’est pour les autres16 », lui reproche sa sƓur. 17 Ibid., p. 72. 18 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 37 et Le Pays lointain, op. cit., p. 358. 10Louis est accusĂ© de mentir, de dĂ©former la rĂ©alitĂ©. L’écrivain est le rhapsode, celui qui met en rĂ©cit – en histoires ». Du langage il fait un usage inhabituel il dĂ©forme, il trahit, il triche avec la rĂ©alitĂ©, qu’il arrange Ă  sa guise, et cette aptitude Ă  la tricherie est perçue comme une diffĂ©rence menaçante, une faute, comme l’exprime Antoine Tu vas commencer Ă  me raconter des histoires, je vais me perdre [
] peu Ă  peu tu vas me noyer17. » L’habiletĂ©, la ruse sont donc l’apanage de Louis aux yeux de ses frĂšre et sƓur je pense que tu es un homme habile, un homme qu’on pourrait qualifier d’habile, un homme plein d’une certaine habiletĂ© »18, constate Suzanne. 19 Jean-Luc Lagarce, Histoire d’amour repĂ©rages, in Théùtre complet, tome ii, Besançon, Les Solitai ... 20 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 74. 11Louis est accusĂ© d’instrumentaliser ses proches. La relation de l’écrivain avec ses proches est forcĂ©ment source de conflits car les rĂ©cits sont aussi mis en rĂ©cit mĂȘme si c’est esquivĂ© de la vie privĂ©e, et les proches inspirent toujours, Ă  un moment ou Ă  un autre, des personnages. D’oĂč leur rĂ©sistance Ă  entrer dans le rĂ©cit dans Histoire d’amour. RepĂ©rage, le DeuxiĂšme Homme et les Femmes sont surpris de la transposition de leur image, mais finalement ils trouvent l’histoire fictive plus vraie, plus crĂ©dible que la rĂ©elle19. Dans Juste la fin du monde en revanche, Antoine se rĂ©volte, rĂ©siste Ă  l’emprise de la fiction, ces histoires pour rien, des histoires, je ne comprends rien »20. C’est pour ne pas alimenter les rĂ©cits de Louis qu’il s’interdit de parler, mais quand sa parole Ă©clate enfin, elle est celle d’un hĂ©ros tragique. 21 Jean-Luc Lagarce, Journal, 1990-1995, tome ii, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2008, ... 22 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 70. 23 Jean-Luc Lagarce, Journal, 1977-1990, tome i, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2007, p. 376. 12Enfin et surtout, Louis est accusĂ© de n’avoir pas assez aimĂ©. On parle donc de l’accusĂ© Ă  la troisiĂšme personne. On ne s’adresse pas directement Ă  lui, comme s’il n’était pas lĂ . Ce sentiment de disparaĂźtre en prĂ©sence d’autrui, de ne plus ĂȘtre vraiment lĂ , Lagarce l’a maintes fois exprimĂ© dans son Journal21. C’est aussi ce qui marque le changement de regard qu’il porte sur le monde depuis la rĂ©vĂ©lation de sa sĂ©ropositivitĂ© – mais aussi avant cet Ă©vĂ©nement. Dans Juste la fin du monde, Louis note Chaque lieu, mĂȘme le plus laid ou le plus idiot, je veux noter que je le vois pour la derniĂšre fois »22. Regarder les choses comme si tout Ă©tait la derniĂšre fois »23, telle sera la perspective que retiendront les spectateurs du Journal vidĂ©o. 24 Jean-Luc Lagarce, J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne, in Théùtre complet, t ... 25 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 30. 26 Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain, op. cit., p. 405. 27 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 26. 28 Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain, op. cit., p. 364. 13Le procĂšs se traduit par une violence de l’accusation, qui elle-mĂȘme traduit une violence sur le plan Ă©thique. Et ceci se fit dans la violence, des mots violents, juste des mots et rien d’autre24 », dit la MĂšre Ă  propos du fils chassĂ© par le pĂšre dans J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne, une piĂšce qui propose une variante de la figure du fils en parabole du fils prodigue. Dans les piĂšces de Lagarce, la violence est d’abord un phĂ©nomĂšne de langage, qui prend toute sa place dans une dramaturgie de la parole, mais elle est aussi un phĂ©nomĂšne Ă©thique, liĂ© Ă  l’incapacitĂ© existentielle des personnages Ă  prendre en compte la dimension de l’Autre, sans cesse ramenĂ© Ă  la sphĂšre du MĂȘme, au sens oĂč l’entend Levinas. C’est bien de cette violence-lĂ  que Louis est victime rĂ©duit Ă  une existence thĂ©orique, empĂȘchĂ© – sauf par Catherine – de s’exprimer en son propre nom, instrumentalisĂ© par sa mĂšre qui lui demande de rassurer les siens, il ne peut accĂ©der Ă  une existence sĂ©parĂ©e qu’à travers une relation biaisĂ©e l’apartĂ© au public dans les monologues. En dehors de cette adresse indirecte, il est rĂ©duit au mutisme et Ă  une identitĂ© tronquĂ©e, Ă  travers le portrait faussĂ© que sa fratrie donne Ă  voir de lui, rompant, par leurs jugements, la continuitĂ© de sa personne Louis ne parle pas en son nom propre. Selon Levinas, le discours de la totalitĂ© est affirmation absolue d’une subjectivitĂ© qui s’érige en juge, d’oĂč l’abondance des jugements de valeur qui visent Ă  rĂ©duire l’autre, Ă  l’instrumentaliser dans le discours du MĂȘme. Dans Juste la fin du monde, Catherine s’insurge contre cette habitude selon laquelle un nouveau-nĂ© doit absolument ressembler Ă  ses parents, et elle dĂ©fend l’idĂ©e que son enfant ne ressemble Ă  personne »25, Ă©chappant Ă  cette logique du scandale de l’altĂ©ritĂ© qui fait du langage familial une vĂ©ritable machine de guerre propre Ă  nier les diffĂ©rences, voire Ă  les rĂ©duire, ou Ă  exclure l’individu diffĂ©rent. En revanche, Antoine, dans Juste la fin du monde et Le Pays lointain, est dans la logique du MĂȘme Vous ĂȘtes semblables, lui et toi, et moi aussi, je suis comme vous »26, dit-il Ă  sa sƓur pour la consoler. Suzanne aussi ne veut voir en Louis que quelqu’un qui ne change pas »27. Les personnages se crĂ©ent leurs propres enfermements, leurs propres citadelles comme l’évoque littĂ©ralement le titre de la piĂšce qui annonce Juste la fin du monde Retour Ă  la Citadelle. Suzanne pense qu’elle n’est pas une vraie personne », n’ayant jamais eu un chez soi » hors de la maison familiale si je ne pars pas, jamais, je ne serai jamais une vraie personne, juste une enfant. C’est de cela que j’ai peur »28, confie-t-elle Ă  Louis. 29 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 78. 30 Ibid., p. 76. 31 Denis GuÉnoun, HomosexualitĂ© transcendantale », dans Regards lointains, Besançon, Les Solitaires ... 14La violence Ă©thique est liĂ©e au scandale de l’altĂ©ritĂ©, au discours de la totalitĂ©, au refus de prendre en compte une existence sĂ©parĂ©e, mais elle est aussi le corollaire de la peur, ce que rend trĂšs bien le film de Xavier Dolan. Tous ont peur Suzanne a peur, Antoine a peur, Louis a peur. Tu voudras me parler / et il faudra que je t’écoute / et je n’ai pas envie d’écouter. Je ne veux pas. J’ai peur29 », avoue Antoine. Parlant au nom d’un on » ou d’un tu », ne disant jamais je », Antoine s’insurge Tu crois me connaĂźtre mais tu ne me connais pas, / tu me connaitrais parce que je suis ton frĂšre30 ? » Ce renversement de la violence mimĂ©tique constitue l’acmĂ© de la piĂšce, mais aussi un moment paradoxal que Denis GuĂ©noun a appelĂ© l’élĂ©vation d’Antoine »31. 32 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 92. 15C’est que, par un coup de théùtre, Antoine endosse dans la derniĂšre partie de la piĂšce la figure de l’altĂ©ritĂ©, se constituant lui-mĂȘme en bouc-Ă©missaire. Et lĂ , maintenant vous ĂȘtes lĂ , Ă  me regarder comme une bĂȘte curieuse32 » Toute la piĂšce Ă©tait une fausse piste malgrĂ© les apparences, Louis n’était pas un bouc Ă©missaire ? Qui Ă©tait-il alors ? La posture du bouc Ă©missaire est-elle si enviable ? Tout se passe comme si Louis, rĂ©duit au silence, se trouvait paradoxalement dans une position de supĂ©rioritĂ© dans la violence rituelle, la victime est en effet sacralisĂ©e. Si la parole de Louis n’a pu ĂȘtre entendue parce qu’elle aurait eu l’impact d’un cri dans un tunnel vide et ne pouvait qu’ĂȘtre une parole de la perte, en revanche, son silence a Ă©tĂ© entendu, et c’est lĂ , sans doute, toute la force du film de Dolan d’avoir pu filmer en gros plan les visages, car le visage, selon Levinas, est le lieu de la relation juste, celle du face-Ă -face avec l’autre. L’abandon 16L’écriture de Lagarce dĂ©veloppe plusieurs stratĂ©gies d’évitement de la violence et donc du tragique qui est, au sens Ă©tymologique, contamination de la violence rituelle ; n’oublions pas que la tragĂ©die est issue du bouc – tragos – que l’on sacrifie. 33 CitĂ© par Marie-HĂ©lĂšne Boblet, Écriture et souci de soi », Jean-Luc Lagarce, Europe, n° 969-970, ... 34 Suzanne parle d’ une certaine forme d’admiration » Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. ... 17La premiĂšre consiste Ă  faire du protagoniste principal une figure de revenant. La force, sans doute, du casting du film de Dolan, c’est d’avoir fait de Louis moins un mourant qu’un revenant. Louis n’a pas le mĂȘme degrĂ© de prĂ©sence scĂ©nique que les autres personnages, il est une sorte de prĂ©sent-absent, mais s’il est ainsi perçu, c’est Ă  travers la folie collective des autres personnages, qui, le privant de sa parole, le dĂ©rĂ©alisent, le dĂ©personnalisent, en font une figure sans doute sacrificielle, mais aussi messianique. Sur le plan de la conscience, Louis est dĂ©jĂ  d’outre-monde, il a basculĂ© dans une perception oĂč manque le lointain. Une des choses les plus mĂ©lancoliques dans le rapprochement de la mort la perte du lointain », Ă©crit HervĂ© Guibert dans Le MausolĂ©e des Amants33. Mais dans la piĂšce, tout se passe comme si le fait de se trouver confrontĂ© au dĂ©finitif la sĂ©paration, la derniĂšre fois, la mort n’était plus seulement l’affaire de Louis, mais celle des autres. La hantise d’une nouvelle sĂ©paration les plonge en effet dans des accĂšs de colĂšre et de dĂ©sespoir trĂšs bien rendus par le film de Dolan. Dans Juste la fin du monde, Louis est prĂ©sentĂ© comme une sorte de revenant, de ressuscitĂ© qui vient brusquement rĂ©vĂ©ler aux siens leur vrai contexte existentiel le manque d’amour. D’oĂč le sentiment de sidĂ©ration, fait de trouble et d’admiration34, qui accompagne son apparition au seuil de la maison familiale. Quant Ă  la mĂšre, tentant de redonner Ă  Louis sa place symbolique d’aĂźnĂ© que Louis refuse dans le film de Dolan, lui explique qu’il est revenu pour combler les manques existentiels de son frĂšre et de sa sƓur et leur donner l’autorisation de devenir enfin eux-mĂȘmes 35 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 58-59. Suzanne voudrait partir [
]. Lui, Antoine, il voudrait plus de libertĂ©, je ne sais pas [
]. Et c’est Ă  toi qu’ils veulent demander cela, c’est Ă  toi qu’ils semblent vouloir demander l’autorisation35. 18Or, ce qu’Antoine et Suzanne ne peuvent admettre, c’est justement admettre, c’est l’abandon au nom de leur refus de se perdre, ils s’arc-boutent contre le frĂšre, se campent dans leurs certitudes, et sombrent dans le tragique, ce tragique contre lequel, justement, Louis lutte, tentant sans cesse d’apporter la consolation, se faisant insulter en retour 36 Ibid., p. 93. Louis. – Ne pleure – Tu me touches, je te tue36. 19Si Antoine est prĂšs de frapper son frĂšre, c’est qu’en lui-mĂȘme, contre son grĂ©, quelque chose a Ă©tĂ© atteint. Le conflit extĂ©rieur cache un conflit interne – qui est aussi la caractĂ©ristique des hĂ©ros tragiques. Ce rejet n’est pas de haine, il est la forme paradoxale d’un amour refoulĂ©, d’une rĂ©sistance qui se brise, d’un conflit intĂ©rieur qui trouve sa rĂ©solution en prenant la forme chaotique d’une conversion, d’une mĂ©tanoĂŻa opĂ©rĂ©e par la simple prĂ©sence, silencieuse, de Louis. Ce moment de bascule est la consĂ©quence de la prĂ©sence nĂ©gative de Louis parmi les siens, qui fait de lui une crĂ©ature d’un autre monde, une sorte de figure de la rĂ©surrection. Avec le personnage de Louis, Lagarce met en Ɠuvre le motif du retour parmi les vivants, qui nous renvoie Ă  la Bible comme Ă  la lĂ©gende orphique 37 Jean-Luc Lagarce, Je ferai ça quand je reviendrai », dans Connaissez-vous Jean-Luc Lagarce ?, Be ... admettre l’idĂ©e toute simple et trĂšs apaisante, trĂšs joyeuse, [
] l’idĂ©e que je reviendrai, que j’aurai une autre vie aprĂšs celle-lĂ  oĂč je serai le mĂȘme, oĂč j’aurai plus de charme, [
] oĂč je serai un homme trĂšs libre et trĂšs heureux37. 38 Jean-Pierre Sarrazac, De la parabole du fils prodigue au drame-de-la-vie », dans Jean-Luc Lagarc ... 39 Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain, op. cit., p. 355. 40 Peter Handke, citĂ© par Georges Banu dans Peter Handke le théùtre de la langue », SupplĂ©ment TĂ© ... 41 Robert Musil, L’Homme sans qualitĂ©s, traduction Philippe Jaccottet, Paris, Gallimard, Folio, 1958. 42 Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain. PrĂ©sentation », dans Europe, op. cit., p. 158 et repris dans... 20La seconde stratĂ©gie d’évitement de la violence consiste Ă  faire bifurquer le dispositif du tragique vers le Trauerspiel. Cette piĂšce, comme Le Pays lointain, s’apparente Ă  un monodrame », selon Jean-Pierre Sarrazac38, Ă  savoir qu’elle propose un retour sur la vie d’un individu au moment de sa mort, une dramaturgie du salut, dans la lignĂ©e des mystĂšres mĂ©diĂ©vaux. Les tĂ©moins accompagnent le parcours du mourant, ils font le rĂ©cit de sa vie avant de l’enterrer. Ce dispositif dramaturgique Ă©tait dĂ©jĂ  prĂ©sent dans Juste la fin du monde, mais il s’accentuera dans Le Pays lointain, oĂč on assiste Ă  la mise en rĂ©cit exhaustive de la vie d’un homme ordinaire, comme on le ferait d’un mort mais qui n’est pas encore mort dans le but de l’ immortaliser » ça vous immortalise »39, dit le pĂšre quand il prend des photos. Le Pays lointain, en enchĂąssant, sur le mode du contrepoint, la premiĂšre piĂšce dans un ensemble plus vaste, fait donc coexister les deux dispositifs, les confronte le dispositif violent le rituel du bouc Ă©missaire prĂ©sent dans Juste la fin du monde et le dispositif non-violent liĂ© notamment Ă  l’attitude apaisĂ©e du pĂšre, dans Le Pays lointain. Dans les deux cas, le moteur est en la logique de la perte de soi. La problĂ©matique du tragique est toujours mise en tension dans l’univers de Lagarce. Comme Peter Handke, qu’il admire tant, Lagarce pourrait dire Je suis grec40 », tant il se nourrit aux lectures des Tragiques ; mais inversement, il puise dans une autre tradition, cherchant dans l’écriture un exercice de dĂ©tachement qui propose une vraie alternative au tragique ce sont les tricheries », les arrangements », mais aussi le recours au Trauerspiel dans Juste la fin du monde et Le Pays lointain. Il est effet deux lignĂ©es dans le théùtre occidental le théùtre tragique, hĂ©ritĂ© des Grecs, et le théùtre non-tragique, ou prĂ©-tragique, hĂ©ritĂ© des mystĂšres mĂ©diĂ©vaux. Walter Benjamin, dans Essais sur Brecht, dĂ©finit le hĂ©ros non tragique comme l’homme ordinaire, sans qualitĂ©s » ohne Eigenschaften », pour reprendre le titre du chef-d’Ɠuvre de Robert Musil41, comme le formule Louis dans Le Pays lointain, mais aussi Lagarce dans sa propre prĂ©sentation de la piĂšce D’un seul homme, sans qualitĂ©, sans histoire, tous les autres hommes42 ». Cette volontĂ© de dĂ©contextualiser nous rappelle que l’absence de qualitĂ© renvoie Ă  l’absence de prĂ©dicat, au refus de la prĂ©dication caractĂ©ristique des diverses traditions spirituelles, pour dĂ©signer le point de vue de l’absolu, la recherche d’un regard de surplomb. 21Ce mode de lecture nous autorise Ă  lire le personnage de Louis comme une figure de la perte, qui, par son aptitude au renoncement il renonce Ă  son projet de dĂ©part, prĂ©fĂ©rant bafouiller des promesses de retour, par son aptitude Ă  l’abandon Ă  la fois actif et passif est un personnage entre deux mondes qui donne la mesure d’un monde. 43 Voir Jean-Pierre Sarrazac, De la parabole du fils prodigue au drame-de-la-vie », dans Jean-Luc L ... 44 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 23. 45 Jacques Le Brun, Le Pur amour de Platon Ă  Lacan, Paris, Seuil, 2002, p. 44. 22Le renoncement est une pratique ascĂ©tique qui consiste Ă  crucifier l’amour-propre et Ă©voque les dures lois de l’abnĂ©gation et de la pĂ©nitence. L’homme renoncĂ© est un personnage qui hante la littĂ©rature europĂ©enne, et qui, sur le plan théùtral, s’inscrit dans la tradition du Trauerspiel, dans lequel Walter Benjamin voit la cĂ©lĂ©bration de la Passion de l’homme » ou encore le drame du martyr43 ». Les derniĂšres piĂšces de Lagarce consacrĂ©es au cycle du retour racontent ce parcours un homme meurt et cherche Ă  donner Ă  sa mort une justification, profitant de cette occasion du retour aux sources pour devenir son propre maĂźtre », c’est-Ă -dire devenir libre. La dĂ©marche est d’emblĂ©e prĂ©sentĂ©e comme sans espĂ©rance sans espoir jamais de survivre »44, laissant entendre que le hĂ©ros a renoncĂ© aux idĂ©es de salut avant de prendre le chemin de la maison familiale. Louis est bien un martyr » au sens Ă©tymologique de tĂ©moin ». C’est bien le rĂŽle qu’il va jouer dans sa famille il Ă©coutera les autres. De mĂȘme dans Le Pays lointain, il Ă©coute car c’est lui qui sera au bout du compte sacrifiĂ©. Tout se passe comme si le martyr avait le pouvoir d’annuler la souffrance parce que lui-mĂȘme a entiĂšrement consenti Ă  sa propre perte. C’est lĂ  la logique sacrificielle violente qui prĂŽne la mort-pour45 », la mort utile. Mais il est une autre forme de perte, qui n’est pas rĂ©cupĂ©rable c’est l’abandon, paradigme dont le lexique de Lagarce use et abuse, faisant de tous ses personnages des figures d’abandonnĂ©s. 46 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 51. 47 Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain, op. cit., p. 277. 48 Jean-Luc Lagarce, Journal vidĂ©o, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2007. 49 Annie Ernaux, Journal du dehors, nrf, Gallimard, 1993. 23L’abandon est un Ă©tat Ă  la fois passif et actif. Si dans sa famille, abandonner les siens est une faute, Louis a abandonnĂ© les siens et en retour, a Ă©tĂ© abandonnĂ© d’eux et en souffre ; mais il rĂ©alise, contre toute attente, que cette absence d’amour fit toujours plus souffrir les autres que [lui] »46. J’étais restĂ© lĂ , seul, abandonnĂ©, toutes ces sortes de choses », dit Louis au dĂ©but du Pays lointain47. Cette dimension de l’abandon est trĂšs prĂ©sente dans le Journal vidĂ©o48 de Lagarce qui, au moment de la rĂ©daction de Quelques Ă©claircies, cherche Ă  gommer, effacer la figure de l’auteur pour retenir le mouvement de son seul regard posĂ© sur les ĂȘtres et les choses, dans la fugacitĂ© du temps qui passe et gĂ©nĂšre, effacement sur effacement, cet art de la vanitĂ©, mais aussi un art du dĂ©tachement mot par lequel on traduit le mot d’abandon aujourd’hui. Dans son Journal vidĂ©o, l’Ɠil rivĂ© Ă  la camĂ©ra, jouant des surimpressions d’images et de bandes dĂ©filantes de textes qui parlent de fin et de morts, Lagarce nous livre ce qu’Annie Ernaux nommerait un Journal du dehors »49. Le dĂ©placement gĂ©ographique vers Berlin permet une reconsidĂ©ration de la vocation personnelle Ă©crire contre la peur et une mise en perspective du sentiment d’abandon, qu’il traque des deux cĂŽtĂ©s de la ville, Ă  l’Est, dans les files de gens qui reviennent Ă  pied, depuis l’autre cĂŽtĂ© du mur, avec des sacs Ă  commissions remplis, comme Ă  l’Ouest, dans les terrains vagues liĂ©s Ă  la destruction du mur. 50 Jean-Luc Lagarce, Journal, 1977-1990, tome i, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2007, p. 533. Seconde longue balade, hier, dans les terrains vagues de Kreuzberg, malheureusement sans camĂ©ra et j’y retournerai, et au marchĂ© polonais. Le choc le plus grand, c’est celui-lĂ  film de Wenders50. 51 Ibid., p. 291. 24Ce qu’il tente aussi de saisir, par l’écriture, par l’image, c’est le regard de surplomb de l’ange DerriĂšre chacun de nous, au milieu de nous, se promĂšnent des anges qui Ă©coutent nos pensĂ©es, nous posent parfois la main sur l’épaule pour nous apaiser et que seuls les enfants peuvent voir51 ». 52 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 79. 25L’abandon est un Ă©tat de conscience paradoxal une tentative de conciliation des contraires. C’est comme la nuit en pleine journĂ©e »52, dit Louis au dĂ©but de l’IntermĂšde. L’abandon est ce qui caractĂ©rise le contexte de l’IntermĂšde, qui vise Ă  produire un dĂ©placement, dans l’espace et dans le temps, mais surtout dans la conscience du spectateur. C’est Antoine qui dĂ©crit le contexte des deux piĂšces, un contexte qui ramĂšne aux conditions symboliques d’un Ă©tat de conscience quasiment intenable pour l’ĂȘtre humain, Ă  savoir le lieu de la coĂŻncidence des contraires la nuit lumineuse. C’est ce contexte symbolique que Xavier Dolan a tentĂ© de suggĂ©rer de maniĂšre rĂ©aliste dans son film, par le travail des lumiĂšres et des contre-jours, et par la trouvaille de cette idĂ©e d’une chaleur caniculaire. 53 Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain, PrĂ©sentation », Europe, op. cit., p. 159. 54 Jean-Luc Lagarce, Dire ce refus de l’inquiĂ©tude », dans Connaissez-vous Jean-Luc Lagarce ?, p. 2 ... 55 Ce concept a Ă©tĂ© forgĂ© par MaĂźtre Eckhart, et signifie, comme l’expliquent ses traducteurs, l’at ... 26L’abandon est aussi un choix, un acte de volontĂ© le choix de la non-violence, portĂ© jusque dans la peur, jusque dans la souffrance-mĂȘme. Cette volontĂ© paradoxale, Lagarce la mentionne dans le synopsis du Pays lointain, oĂč il affirme vouloir raconter la violence, comme Ă©trangĂšre53 », la mettre Ă  distance par l’écriture. C’est pourquoi dire ce refus de l’inquiĂ©tude » jusque dans l’inquiĂ©tude-mĂȘme, est son premier engagement54 », comme il le formule de maniĂšre paradoxale ce refus de l’inquiĂ©tude n’est autre qu’une recherche du dĂ©tachement, de l’indiffĂ©rence positive, de la Gelassenheit55 qui est aussi la dĂ©finition d’une libertĂ© sans protocoles diffĂ©rente du libre-arbitre, c’est la libertĂ© du libĂ©rĂ© dans la vie » qui ne possĂšde rien et n’est possĂ©dĂ© par rien. Il est certain que le succĂšs des piĂšces de Lagarce et de Juste la fin du monde vient de ce qu’elles nous rattachent au fonds anthropologique de l’humanitĂ©. Aussi la figure de Louis, comme les autres figures d’écrivains de ses piĂšces, est-elle moins une figure d’abandonnĂ© qu’une figure de dĂ©possĂ©dĂ©. C’est ce qui fait que l’écriture de Juste la fin du monde a sans doute Ă©tĂ© nourrie par des souvenirs de cinĂ©ma, et s’apparente Ă  des Ɠuvres telles que Le Sacrifice de Tarkovski, film qui a bouleversĂ© Lagarce au moment de sa sortie, parce qu’il parle de la fin du monde, mais d’une fin du monde au sens d’une apocalypse, au sens Ă©tymologique de renversement des apparences, de rĂ©vĂ©lation de rĂ©alitĂ©s cachĂ©es. Un film testamentaire 1986 puisque le cinĂ©aste est mort quelques mois aprĂšs. 56 Jean-Luc Lagarce, Journal, 1977-1990, tome i, op. cit., p. 211. 57 Ibid., p. 240. C’est magnifique, C’est magnifique et les images restent dans ma tĂȘte. Éprouvant aussi. Les acteurs sont excellents la comĂ©dienne qui joue la femme de Josephson notamment. C’est cela par-dessus tout que j’aimerais pouvoir Tarkovski est mort. Je n’ai vu qu’un film sur les huit qu’il a tournĂ©s, Le Sacrifice, mais ce fut essentiel, je crois. Sa maniĂšre de filmer, de raconter, de nous parler de Dieu, de notre croyance ou de notre refus de croire. Sans exagĂ©rer, c’est un des films qui me marquĂšrent le plus et qui me firent voir les choses – le cinĂ©ma – diffĂ©remment57. 58 Voir Paul Ricƒur, Temps et rĂ©cit, Paris, Seuil, 1985. L’auteur oppose deux modes de l’identitĂ© l ... 27À la fin du Sacrifice, Alexandre, le protagoniste principal, brĂ»le sa maison, acte symbolique de dĂ©pouillement, d’abandon. De mĂȘme, Ă  la fin de ThĂ©orĂšme de Pasolini, le pĂšre traverse sa propre usine en se dĂ©pouillant peu Ă  peu de ses vĂȘtements, dans une ultime et symbolique marche au dĂ©sert. Ces deux scĂšnes finales, trĂšs fortes, qui marquent l’entrĂ©e des personnages dans la vie spirituelle montrent l’abandon comme un acte, une forme d’engagement paradoxal. Celui qui se sent abandonnĂ© pratique Ă  son tour l’abandon, Ă  savoir qu’il abandonne les prĂ©rogatives de son Ă©go, les qualitĂ©s », mais aussi, au sens oĂč l’entend Paul RicƓur, ses propriĂ©tĂ©s »58, ou encore, au sens oĂč l’entend Kafka – dont Lagarce Ă©tait grand lecteur – , ses possessions » Besitz ». Celui qui n’a plus rien en propre entre dans la condition spirituelle car sa perception du monde est dĂ©barrassĂ©e des discours et des reprĂ©sentations qui lui obstruent la rĂ©alitĂ© ; la dĂ©marche de l’abandon est une dĂ©marche paradoxalement constructive et critique elle consiste Ă  apprendre Ă  dĂ©sapprendre. Portant ce regard Ă  partir de la contemplation de la mort, qui est la condition humaine fondamentale, Lagarce, refusant d’une certaine mesure le divertissement pascalien, invite Ă  regarder la vie Ă  partir de la mort, Ă  se concentrer sur cette condition physique et mĂ©taphysique fondamentale. Ce qui est troublant dans Le Pays lointain, c’est cette rĂ©plique d’Antoine racontant Ă  son pĂšre qu’il fait toujours le mĂȘme rĂȘve, qu’il ramĂšne Ă  sa colĂšre contre lui, une colĂšre sacrĂ©e, la colĂšre de l’insanitas paulinienne 59 Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain, op. cit., p. 389. le mĂȘme rĂȘve, semblable, oĂč je songe Ă  tout dĂ©truire de ce qui m’appartient, juste cela, ce qui m’appartient, le rĂ©duire en cendres, les affaires qui sont les miennes, les objets, les choses que j’ai achetĂ©es pour ma femme, pour moi et pour ma femme et pour mes enfants, n’en plus rien garder59. 28Il aimerait se vider de sa colĂšre contre son frĂšre, se dĂ©livrer de cette colĂšre, et pour ce faire, abandonner ses possessions – au sens oĂč l’entend Kafka dans le chapitre 8 du ChĂąteau oĂč K., le protagoniste, dĂ©couvre une libertĂ© sans protocoles, celle du libĂ©rĂ© dans la vie, qui ne possĂšde rien et qui n’est possĂ©dĂ© par rien. 60 Franz Kafka, Le ChĂąteau, traduction Alexandre Vialatte, Paris, Gallimard, Folio, 2007, p. 157. Voi ... MalgrĂ© tout ce qui s’était passĂ©, il Ă©prouvait le sentiment que ce qu’il avait obtenu jusqu’ici constituait une sorte de possession qu’il ne conservait sans doute qu’en apparence mais qu’il ne devait pas abandonner sur l’ordre de n’importe qui60. 29Cette pratique de l’abandon ne doit pas se faire sur l’ordre de n’importe qui ». Ainsi, quand la mĂšre annonce Ă  Louis que son frĂšre attend de lui qu’il le libĂšre, qu’il l’autorise Ă  ĂȘtre libre, c’est bien de l’abandon comme engagement personnel qu’il s’agit, et le rapprochement avec le texte de Kafka est pour le moins bouleversant personne n’a portĂ© son attention sur le double langage de Lagarce, et pourtant, ce souci de prĂ©cision qui est le sien dans l’usage des mots, que leur sens Ă  la fois philologique et philosophique prĂ©cĂšde, aurait pu nous avertir. 61 Jean-Luc Lagarce, Atteindre le centre », Europe, op. cit., p. 147. Je viens du livre. Je viens de l’analyse du texte [
]. Mon propos n’est pas fait d’eau tiĂšde. J’ai Ă©tudiĂ© la sĂ©miologie, la linguistique, la philosophie. Je viens de la valeur du texte. Je m’intĂ©resse Ă  la signification du signe et du code61. 62 Voir Pour un vocabulaire mystique au xviie siĂšcle. Textes du sĂ©minaire du Professeur Carlo Ossola ... 30Ce qui est certain, c’est que le lexique de Lagarce tĂ©moigne d’une recherche sur la sĂ©mantique des mots, qui amĂšne une rĂ©surgence de sens anciens – spirituels – dont les dictionnaires indiquaient qu’ils Ă©taient tombĂ©s en dĂ©suĂ©tude, recouverts sous des acceptions juridiques ou autres – c’est le cas notamment du mot abandon »62. Ainsi, l’obsession de l’autocorrection lexicale cache peut-ĂȘtre une autre ambition, quasiment archĂ©ologique, qui joue avec les strates du sens, et tente de remettre au goĂ»t du jour un lexique oubliĂ©, propre Ă  dĂ©crire la vie intĂ©rieure. 63 Peter Handke, Outrage au public, Paris, L’Arche, 1966, p. 32. 31De Juste la fin du monde au Pays lointain, les perspectives se sont dĂ©placĂ©es. Le jeu des réécritures a effectuĂ© un dĂ©placement du temps vers l’espace dans le choix des titres la notion de limitation temporelle fin du monde » a Ă©tĂ© remplacĂ©e par celle d’illimitation spatiale lointain ». C’est toujours une extrĂ©mitĂ© qui est dĂ©signĂ©e, mais, comme le rappelle Carlo Ossola, la littĂ©rature dĂ©ploie le temps humain comme un espace ». La réécriture de Juste la fin du monde en Le Pays lointain est une maniĂšre de rĂ©introduire de l’explicite au sein du vaste systĂšme de l’implicite qui caractĂ©rise les piĂšces de Lagarce, en affirmant l’importance du théùtre comme un monde venant supplanter le huis-clos familial, comme en tĂ©moigne le joyeux travail de rĂ©pĂ©tition exposĂ© dans Le Pays lointain, qui est une réécriture de l’espace de Juste la fin du monde aux dimensions d’un plateau de théùtre, oĂč rien n’est Ă  sa place. La scĂšne n’est pas un monde, pas plus que le monde n’est une scĂšne », Ă©crivait Peter Handke63. Mais lĂ  oĂč le théùtre joue sur le mĂ©talangage, la chute du 4e mur et la mĂ©tathéùtralitĂ©, le cinĂ©ma de Xavier Dolan prend pour sujet les visages, tord les corps et rĂ©vĂšle au plus prĂšs la dynamique paradoxale de la perte qui sous-tend la dramaturgie et le lexique de Lagarce. 32Dans Le Pays lointain, le refus du tragique va de pair avec l’affirmation des valeurs telles que celles d’abandon, qui offrent une alternative au sacrifice rituel en faisant du personnage le lieu de la rĂ©conciliation des contraires, de mĂȘme que la piĂšce insĂšre le drame du langage drame familial Ă  l’intĂ©rieur du Trauerspiel, ou rĂ©cit de vie collectif d’un mort qui Ă©tait un homme ordinaire, un homme sans qualitĂ©s. L’écriture est donc bien, chez Lagarce, non seulement un processus qui se dĂ©roule, qui se dĂ©crit sous nos yeux, mais aussi un exercice de dĂ©tachement, qui fait de l’écriture le thĂšme de ses piĂšces l’écriture comme mythologie est constitutive d’une dramaturgie. 33La perte est ce qui dĂ©finit l’espace de l’écriture, mais aussi le systĂšme des relations entre les personnages Ă  travers le protagoniste Ă©crivain, enfin, le regard portĂ© sur le monde par l’écriture. Elle est donc au croisement des perspectives linguistique, dramaturgique et anthropologique, par la recherche dĂ©sespĂ©rĂ©e du mot juste, de la relation juste, du regard juste. Autant de mises en Ɠuvre d’une quĂȘte qui a absorbĂ©, voire sans doute dĂ©passĂ© – dĂ©possĂ©dĂ© ? – son auteur l’écriture comme exercice spirituel de dĂ©tachement, comme Ă©pochĂš ». En mĂȘme temps, cette Ɠuvre expose une maniĂšre d’ĂȘtre au monde qui rĂ©fute les discours d’autoritĂ© et de pouvoir au nom des valeurs nĂ©gatives d’impouvoir, d’involontĂ©, de passivitĂ©, d’abandon, propres Ă  aider son auteur Ă  faire face Ă  ce qu’il vivait, ce qui rattache son Ɠuvre Ă  un fonds anthropologique de l’humanitĂ©. En effet, le parcours sĂ©mantique Ă  travers les trois paradigmes lagarciens d’impuissance, de sacrifice, d’abandon nous font passer du lexique de la crĂ©ation littĂ©raire Ă  celui de l’anthropologie pour dĂ©boucher sur la langue de la vie intĂ©rieure, qui est notre legs commun et que Lagarce tente de revivifier, invitant le spectateur Ă  un retour sur soi. Haut de page Notes 1 Lydie Parisse, Lagarce, Un théùtre entre prĂ©sence et absence, Classiques Garnier, 2014. Voir le compte rendu de BĂ©atrice Jongy-Guena sur le site Fabula. 2 M’intĂ©ressant aux dramaturgies de la parole, je mĂšne ce type d’approches Ă  propos de l’écriture de Beckett, de Novarina. Voir Lydie Parisse, La Parole trouĂ©e. Beckett, Tardieu, Novarina, Lettres Modernes, Minard, 2008. Rééd. Classiques Garnier. 3 Dans mon ouvrage, je replace d’ailleurs cette attitude dans la perspective plus vaste de la crise du langage telle que l’a analysĂ©e le linguiste Georges Steiner, se situant dans la tradition de la philosophie des langues. Voir mon analyse dans Lagarce. Un théùtre entre prĂ©sence et absence, op. cit., p. 19-68. Voir aussi mon article paru dans un ouvrage Ă  destination des agrĂ©gatifs Jean-Luc Lagarce. Une dramaturgie de la parole “trouĂ©e”. La langue en dĂ©faut, le rĂ©el en dĂ©faut. RĂ©flexions sur Derniers remords avant l’oubli », BĂ©atrice Jongy dir., Les Petites TragĂ©dies de Jean-Luc Lagarce, Dijon, Éditions du Murmure, 2011, p. 47-76. 4 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, Besançon, Les Solitaires intempestifs, Classiques contemporains », 2012, p. 67. 5 RenĂ© Girard, Le Bouc Ă©missaire, Paris, Grasset & Fasquelle, 1982. 6 Voir Lydie Parisse, Lagarce. Un théùtre entre prĂ©sence et absence, op. cit., p. 116-120. 7 Jean-Luc Lagarce, Du Luxe et de l’impuissance, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2008, p. 40. 8 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 28. 9 Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain, in Théùtre complet, tome iv, p. 340. 10 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 58 et Le Pays lointain, op. cit., p. 385. 11 Patrice Pavis, Le Théùtre contemporain. Analyse de textes de Sarraute Ă  Vinaver, Paris, Nathan, UniversitĂ©, Lettres Sup, 2002, p. 188. 12 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 24 et Le Pays lointain, op. cit., p. 304. 13 JoĂ«l Jouanneau, dans Bertrand Chauvet et Éric DuchĂątel dir., Juste la fin du monde. Nous les hĂ©ros, ScĂ©rĂ©n-cndp, BaccalaurĂ©at théùtre », 2007, p. 49. 14 Jean-Pierre Sarrazac, De la parabole du fils prodigue au drame-de-la-vie », Jean-Luc Lagarce dans le mouvement dramatique, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2008, p. 271-297. 15 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 68. 16 Ibid., p. 38. 17 Ibid., p. 72. 18 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 37 et Le Pays lointain, op. cit., p. 358. 19 Jean-Luc Lagarce, Histoire d’amour repĂ©rages, in Théùtre complet, tome ii, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2014, p. 145. 20 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 74. 21 Jean-Luc Lagarce, Journal, 1990-1995, tome ii, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2008, Cette impression, vous savez, quand on vous fait des compliments, qu’on parle devant vous ; comme si vous Ă©tiez mort ». 22 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 70. 23 Jean-Luc Lagarce, Journal, 1977-1990, tome i, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2007, p. 376. 24 Jean-Luc Lagarce, J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne, in Théùtre complet, tome iv, p. 258. 25 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 30. 26 Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain, op. cit., p. 405. 27 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 26. 28 Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain, op. cit., p. 364. 29 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 78. 30 Ibid., p. 76. 31 Denis GuÉnoun, HomosexualitĂ© transcendantale », dans Regards lointains, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2007, p. 31. 32 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 92. 33 CitĂ© par Marie-HĂ©lĂšne Boblet, Écriture et souci de soi », Jean-Luc Lagarce, Europe, n° 969-970, janvier-fĂ©vrier 2010, p. 41. 34 Suzanne parle d’ une certaine forme d’admiration » Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 37 et Le Pays lointain, op. cit., p. 359 qu’ils ressentent Ă  son Ă©gard. Plus qu’intimidĂ©e, Catherine est troublĂ©e », comme le fait remarquer Antoine Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 31 et Le Pays lointain, op. cit., p. 348. 35 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 58-59. 36 Ibid., p. 93. 37 Jean-Luc Lagarce, Je ferai ça quand je reviendrai », dans Connaissez-vous Jean-Luc Lagarce ?, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2008, p. 22. 38 Jean-Pierre Sarrazac, De la parabole du fils prodigue au drame-de-la-vie », dans Jean-Luc Lagarce dans le mouvement dramatique, op .cit., p. 277. 39 Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain, op. cit., p. 355. 40 Peter Handke, citĂ© par Georges Banu dans Peter Handke le théùtre de la langue », SupplĂ©ment TĂ©lĂ©rama n°3312, festival d’Avignon 2013, juillet 2013, p. 17. 41 Robert Musil, L’Homme sans qualitĂ©s, traduction Philippe Jaccottet, Paris, Gallimard, Folio, 1958. 42 Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain. PrĂ©sentation », dans Europe, op. cit., p. 158 et repris dans Le Pays lointain, op. cit., p. 281. 43 Voir Jean-Pierre Sarrazac, De la parabole du fils prodigue au drame-de-la-vie », dans Jean-Luc Lagarce dans le mouvement dramatique, op. cit., p. 271-297. 44 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 23. 45 Jacques Le Brun, Le Pur amour de Platon Ă  Lacan, Paris, Seuil, 2002, p. 44. 46 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 51. 47 Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain, op. cit., p. 277. 48 Jean-Luc Lagarce, Journal vidĂ©o, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2007. 49 Annie Ernaux, Journal du dehors, nrf, Gallimard, 1993. 50 Jean-Luc Lagarce, Journal, 1977-1990, tome i, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2007, p. 533. 51 Ibid., p. 291. 52 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, op. cit., p. 79. 53 Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain, PrĂ©sentation », Europe, op. cit., p. 159. 54 Jean-Luc Lagarce, Dire ce refus de l’inquiĂ©tude », dans Connaissez-vous Jean-Luc Lagarce ?, p. 21. 55 Ce concept a Ă©tĂ© forgĂ© par MaĂźtre Eckhart, et signifie, comme l’expliquent ses traducteurs, l’attitude de qui, sans rien ajouter aux choses, les “laisse ĂȘtre” selon leur vĂ©ritĂ©, dans le dynamisme de leur origine. C’est sans doute la forme derniĂšre d’une libertĂ© qui se refuse Ă  toute manipulation ou recrĂ©ation dĂ©miurgique. Gwendoline Jarczyk et Pierre-Jean LabarriÈre, prĂ©face Ă  MaĂźtre Eckhart, Du DĂ©tachement et autres textes, Paris, Payot, Rivages poche / Petite BibliothĂšque », 1995, p. 23. 56 Jean-Luc Lagarce, Journal, 1977-1990, tome i, op. cit., p. 211. 57 Ibid., p. 240. 58 Voir Paul Ricƒur, Temps et rĂ©cit, Paris, Seuil, 1985. L’auteur oppose deux modes de l’identitĂ© la mĂȘmetĂ© » l’identitĂ© en tant que propriĂ©tĂ©s », ou rĂŽles et l’ ipsĂ©itĂ© » l’identitĂ© en tant que singularitĂ©. 59 Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain, op. cit., p. 389. 60 Franz Kafka, Le ChĂąteau, traduction Alexandre Vialatte, Paris, Gallimard, Folio, 2007, p. 157. Voir le dĂ©tail de mon analyse dans Lagarce. Un théùtre entre prĂ©sence et absence, p. 151. 61 Jean-Luc Lagarce, Atteindre le centre », Europe, op. cit., p. 147. 62 Voir Pour un vocabulaire mystique au xviie siĂšcle. Textes du sĂ©minaire du Professeur Carlo Ossola au CollĂšge de France, textes prĂ©sentĂ©s par François TrĂ©moliĂšres, Turin, Nino Argento Editore, Europa restituta » CollĂšge de France, 2004. 63 Peter Handke, Outrage au public, Paris, L’Arche, 1966, p. de page Pour citer cet article RĂ©fĂ©rence papier Lydie Parisse, Juste la fin du monde Processus d’écriture et nĂ©gativitĂ© », SkĂ©n&graphie, 5 2018, 81-97. RĂ©fĂ©rence Ă©lectronique Lydie Parisse, Juste la fin du monde Processus d’écriture et nĂ©gativitĂ© », SkĂ©n&graphie [En ligne], 5 2018, mis en ligne le 01 janvier 2019, consultĂ© le 26 aoĂ»t 2022. URL ; DOI de page